Amis d'Uxellodunum  

Fouilles anciennes 1865 - 1973

Le plus ancien document qui identifie le Puy d’Issolud à Uxellodunum est un acte très contesté (voire apocryphe) qui remonte au Xe siècle. Par une charte de 935, le roi Raoul fait donation à l’abbaye Saint-Martin de Tulle d’une hauteur ou montagne (podium, dit le texte) appelée Uxelloduno, située en Quercy près de Vayrac (augmentée de quelques terres ou localités avoisinantes qui existent toujours) et où, selon une incidente de six mots dans l’acte, était jadis une ville connue pour avoir été assiégée par les Romains : sa situation géographique, telle qu’elle est indiquée, est celle de l’actuel Puy d’Issolud. L’histoire du document commence vers la fin du XVIe siècle, époque où un juriste Cahorsin le détient, sous une forme inconnue ; de là il passe, peut-être sous forme de copie, aux mains de son compatriote Dominicy, lui-même juriste mais aussi historiographe, lequel le communique à l’historien Justel. Celui-ci en donne le texte dans un livre paru en 1645.

D’autre part, trois actes fonciers, postérieurs à la charte de quelques années (941, 944, 945), se rapportent à un domaine appelé Exeleduno, qui ne peut désigner autre chose que le podium Uxelloduno, et dont en fin de compte la propriété est transmise au monastère Saint-Martin-de-Tulle.

Au XVIIIe siècle, l’attribution d’Uxellodunum au Puy-d’Issolud fut consacrée par le jugement du savant d’Anville. Elle fut remise en cause en 1819 par Champollion-Figeac (frère du célèbre Champollion, décrypteur des hiéroglyphes) qui, après avoir visité ces diverses localités et fait exécuter des fouilles à Capdenac, soutint l'identité d'Uxellodunum et de Capdenac. La question y est traitée magistralement : “ Je n'ouvrirai pas la carrière, dit-il, mais je tenterai de la fermer, et de présenter une série de résultats propres à lever tous les doutes, à faire cesser toutes les incertitudes, à juger toutes les prétentions ”.

Dès lors l'attribution d'Uxellodunum à Capdenac devint officielle dans le monde savant !

Mais les fouilles archéologiques à la fontaine de Loulié, sur la commune de Saint-Denis-lès-Martel, à partir de 1862 par Jean-Baptiste Cessac, puis par Napoléon III, firent provisoirement cesser les querelles.

En effet, ayant résolu d'écrire la vie de Jules César, et de consacrer une partie de son ouvrage à la Guerre des Gaules, l’empereur Napoléon III chargea, en 1862, une commission(56) d'identifier Uxellodunum. Celle-ci plaça l’oppidum dans une boucle du Lot en face de Luzech, à la Pistoule.

Cet emplacement eût été définitivement adopté, si Jean-Baptiste Cessac, originaire de Gourdon, habitant Souillac, n'avait pas protesté contre la décision officielle par l'envoi de plusieurs lettres à Napoléon III et la publication de plusieurs brochures (1862-1865). Pour confirmer son opinion, il exécuta, à partir du 27 mai 1865, des fouilles à la fontaine de Loulié. La découverte de quelques objets (fers de trait à douille de catapulte, pointes de flèches à douille, etc..), de pierres brûlées, de terres calcinées, de nombreux charbons de bois lui permit d'obtenir du Conseil Général du Lot quelques fonds pour continuer les travaux, avec l'aide d'une commission présidée par l'agent voyer Étienne Castagné (le préfet du Lot nomma par souci d’équité deux autres commissions, l’une à Luzech et l’autre à Capdenac)(57).

Le 19 juin 1865, à environ 5 mètres de profondeur, Cessac trouva une galerie artificielle. (Or Jules César avait fait creuser des galeries souterraines pour intercepter les eaux des sources et les tarir, ce qui amena les habitants d’Uxellodunum, désespérés, à se rendre). Cette découverte fit sensation.

La commission de topographie revint en majorité, mais non en totalité, sur ses premières conclusions.

Napoleon III

Napoleon III

Napoléon III, informé par Cessac, envoya sur les lieux deux officiers d'ordonnance, le colonel Stoffel et le capitaine de Reffye, avec un peloton de sapeurs du Génie, qui poursuivirent les recherches. La galerie de Cessac fut déblayée sur 40 mètres de longueur. Les abords de la fontaine furent fouillés. Les ouvriers recueillirent des pointes de flèches, des traits de catapultes ainsi que d’autres objets. On trouva également des clous de charpente à l'emplacement présumé de l'agger (terrasse édifiée par César). Près du Pech-de-Mont, des traces de contrevallation et de camps ont été découvertes.

En 1866 et 1875, E. Castagné publia le rapport de la commission des fouilles de Puy d’Issolud, avec plans des ouvrages de fortification de l'oppidum de Murcens, du Puy d’Issolud et de l'Impernal à Luzech. Suite à ces résultats, Napoléon III, dans son ouvrage sur la Guerre des Gaules, déclara le Puy d’Issolud comme étant Uxellodunum.

Après la chute du Second Empire, les polémiques purement littéraires ne cessèrent pas pour autant et de nombreux articles totalement délirants continuèrent d'inonder les sociétés savantes et la presse et Uxellodunum fut transporté sur de nombreux sites.

De 1913 à 1920, un instituteur de Martel, Antoine Cazes, reprit les fouilles autour de la fontaine de Loulié et sur le plateau d’Issolud.

De 1920 à 1941, Antoine Laurent-Bruzy, poète avant tout, entreprit à ses frais de nouvelles fouilles à la fontaine. Son but principal était de retrouver les diverses galeries de captage de la source que le texte d'Hirtius semblait indiquer. Au bout de 15 ans de recherches, il découvrit une seconde galerie dite romaine. Sa mort prématurée arrêta ses travaux. Les nombreux objets découverts au cours de ces vingt années par Laurent-Bruzy n'ont jamais été inventoriés ni publiés.

En 1968, puis en 1971, Michel Lorblanchet entreprit une fouille au lieu dit "les Templés" et mit au jour des murs et des sépultures médiévales (d'époque wisigothique?). Déjà en 1860, Pierre-Marcelin Lachièze, avocat à Martel, puis en 1861 Jean-Baptiste Cessac avaient trouvé des substructions de murs et des squelettes. Ces structures semblent indiquer la présence d'un château révélé par la charte du roi Raoul(58), attesté au IXe siècle.

En 1973, Georges Depeyrot a dégagé sur le versant nord du Puy-d’Issolud un mur d'enceinte. Le type de construction de ce mur, avec la présence dans les déblais de fragments de céramique, soit du Bas-Empire Romain soit du haut Moyen Age, mêlés à des fragments plus anciens de l'Âge du Fer, évoque un type de construction de fortification d’époque médiévale.

Les polémiques purement littéraires ne cessèrent pas pour autant et de nombreux articles totalement délirants continuèrent d'inonder les sociétés savantes et la presse.

Notes

56 - La Commission de la topographie des Gaules, instituée par Napoléon III, délégua le Général Creuly et Alfred Jacobs pour étudier spécialement la question d’Uxellodunum.

57 - Il a fait toute sa carrière comme agent voyer du département du Lot (de 1844 à 1873) C’est lorsque le préfet le mandate, en 1864, pour assurer le secrétariat de la commission départementale des fouilles du Puy d’Issolud qu’il s’intéresse à l’archéologie. On lui doit notamment une enquête sur les fortifications du Puy d’Issolud, de Murcens et de L’Impernal. Sur ces deux derniers sites, il met au jour en 1868 et 1872 des vestiges caractéristiques de murus gallicus.

58 - Très contestée par certains auteurs.

 

 

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